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12 novembre 2016

Un éclair dans la nuit.

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Samedi 14 janvier 2012. Metz-Bastia, 16h00. Le stade St-Symphorien pousse son équipe, bien décidée à faire sauter le verrou bastiais. Metz est à l’affut pour la troisième place du podium, détenue par son adversaire du jour, et synonyme d’accession à l’étage supérieur. Mais cet après-midi-là, les messins semblent tomber sur un os. Rien ne semble vouloir sourire au club à la Croix de Lorraine. Les cadres de l’équipe sont défaillants. Le public attend pourtant ce moment qui pourrait faire chavirer son cœur.
Il ne reste qu’une douzaine de minutes à St-Symphorien lorsque le jeune sénégalais Sadio Mané est lancé sur le devant de la scène en guise de solution du désespoir. Une poignée de secondes plus tard et voilà que le numéro 33 s’approprie à lui tout seul les espoirs de réussite de tout un club. Un appel de balle tranchant, une vélocité dans les appuis, une prise de balle impeccable, allaient lui donner accès à son premier but en professionnel. Il n’en sera rien. Le garçon est fauché dans la surface avant de pouvoir conclure son récital. Pis, le pénalty qui s’ensuit sera injustement refusé par le corps arbitral après avoir pourtant bien franchi la ligne du but. Le FC Metz s’inclinera même en toute fin de rencontre sur une terrible erreur de son capitaine, non peu lourde de conséquences. L’histoire retiendra tragiquement que l’apparition fracassante du petit Mané coïncida avec le début d’un long calvaire pour le club mosellan.

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Car en effet, à l’issue de cette saison 2011-2012, le Sporting Club de Bastia suivra le chemin paisible de la Ligue 1 ; le FC Metz, alors relégué en National, entamera la période la plus sombre de son histoire dans une division qu’il n’avait jamais connue jusqu’alors. Deux destinées aux trajectoires bien antagonistes. Metz devra alors recomposer tout son effectif avec les impératifs de ventes et de restrictions budgétaires occasionnés par la descente. En Moselle, on se doute bien que les jours du fin prodige sénégalais sont comptés…

Un espoir parti trop tôt ?

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La descente officiellement entérinée un triste soir de mai 2012, le président du FC Metz, Bernard Serin, s’empresse de boucler le contrat de sa jeune pépite, laquelle est récompensée par un premier contrat professionnel le liant au club jusqu’en juin 2016. Du côté du staff messin, les attentes autour de Sadio Mané, bien que légitimes, semblent somme toute assez prématurées pour un garçon qui n’a guère qu’une quinzaine de matchs professionnels en L2 à son actif, et qui s’apprête à affronter les rudes joutes du National. Et pourtant.
Le natif de Sédhiou poursuit sa progression fulgurante et prend très rapidement ses aises au sein du commando grenat historique qui se révèle à la troisième division française, le vendredi 03 août 2012. Appelé pour la première fois par la sélection des Lions de la Teranga à l’occasion des Jeux Olympiques d’été à Londres, le virevoltant Mané ne sera pas de la première réception à St-Symphorien. Le jeune sénégalais ne manquera pas l’opportunité de montrer l’étendue de ses qualités devant les caméras du monde entier. Ses prestations aux JO sont saluées unanimement par la presse sportive. L’entourage du joueur est rapidement sondé. Les rumeurs de transfert déboulent de chaque coin du globe. Tout un symbole. Comme si son destin ne pouvait plus reposer sur les bords de la Moselle…

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A son retour de sélection, Bernard Serin assure que l’avenir de son poulain est bel et bien à Metz, sauf proposition financière jugée non refusable. Un discours qui ne va pas rassurer les fidèles du club. Ces derniers doutant même de revoir le jeune Mané ré- arborer la tunique grenat. Celui-ci fait son retour à l’occasion d’un déplacement en Bretagne, au cours duquel il démarre sur le banc des remplaçants. Mais son entrée en seconde mi-temps fait basculer complètement la physionomie du match : un pénalty provoqué et une passe décisive qui permettent au club messin de repartir avec l’ivresse d’un succès inespéré. La contribution de Sadio Mané en l’espace d’une mi-temps aura donc fait toute la différence, rien que ça. Il fallait bien se mettre à l’évidence pour le club à la Croix de Lorraine que de telles performances n’allaient pas faire taire les rumeurs insistantes de départ de l’espoir sénégalais. D’autant plus que l’ailier messin remet le couvert la semaine suivante en championnat. En transperçant cette fois-ci la défense de son pouvoir d’accélération dans les petits périmètres, puis en servant un caviar de son pied supposé faible à l’un de ses partenaires. Sadio Mané démontre une fois de plus le différentiel technique qui le sépare des autres joueurs. En définitive, qu’il est d’une autre classe, d’une autre dimension, tout simplement.
En interne, on commence à redouter le déchirement que susciterait le départ de Mané au fur et à mesure que les offres d’a(r)gent parviennent sur la table du président Serin. Le boss du club mosellan déclinant une à une les propositions, il ne peut toutefois résister à l’une des plus tardives. Ce genre d’offre à laquelle on ne peut que s’incliner. Le 31 août, le club autrichien du Red Bull Salzbourg met quatre millions d’euros cash sur la table. Pour attirer dans ses filets un espoir de vingt ans. Sa carrière semble déjà toute tracée. Une proposition qui vaut de l’or, à quelques heures de la clôture officielle du marché des transferts.

De l’Autriche à la Premier League

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Ainsi, Sadio Mané traversa en quelques semaines les flots tumultueux du troisième échelon français pour rejoindre les douces rives de l’Europa League, qui bercent la charmante ville autrichienne. Il s’agit désormais pour le néo-international sénégalais de confirmer les espoirs que suscite son potentiel intrinsèque dans une culture qu’il ne fait que découvrir. Là encore, la progression du jeune homme est linéaire. Les paliers sont franchis à une vitesse de croisière. Comme si son temps était compté. Salzbourg aura donc obtenu ce privilège d’avoir vu éclore l’étincelant Mané, près de 250 ans après avoir accueilli les prouesses du surdoué Mozart. Deux génies d’une précocité affolante dans leurs disciplines respectives. C’est seulement deux saisons plus tard et la bagatelle de près de cinquante buts marqués, corroborée par une vingtaine de passes décisives adressées toutes compétitions confondues, que l’ex-grenat commence à attiser les convoitises outre-Manche. Difficile de résister aux sirènes de la Premier League.

Le 1er septembre 2014, l’attaquant de poche -comparé aux gabarits anglais- est transféré à Southampton pour l’équivalent de quinze millions d’euros, un contrat juteux de quatre ans l’attend dans la cité portuaire du Sud de l’Angleterre.

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Enchaînant les prestations de haut vol, dans le championnat le plus médiatisé au monde, Sadio Mané va réussir l’exploit du hat trick – « coup du chapeau » en français- le plus rapide de l’Histoire de la Premier League : deux minutes et cinquante-six secondes suffisent alors au sénégalais pour inscrire trois buts, un après-midi du 16 mai 2015 dans une rencontre face à Aston Villa. L’insaisissable Mané bouclera ses deux premières saisons anglaises avec des statistiques effarantes : vingt-cinq buts marqués pour dix assists – « passe décisive » en français- en seulement soixante-quinze matchs au total. De quoi éveiller la curiosité des plus grosses cylindrées du championnat. En ce début de mercato estival 2016, Manchester United, Tottenham et…Liverpool frappent à la porte…

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Le 1er juillet 2016, après de longues semaines de négociations, celui que l’on considère désormais comme le plus grand espoir du football africain rejoint officiellement le mythique club de Liverpool, pour cinq saisons. La somme de 41 millions d’euros déboursée -bonus compris- par le quintuple vainqueur de la Ligue des champions est un nouveau record pour un footballeur africain. Joueur propulsé africain le plus cher de l’Histoire, c’est là tout le chemin effectué par l’épatant Mané, depuis ses débuts. Un parcours édifiant si l’on se réfère à son passé, qui l’a vu grandir dans les quartiers de Dakar, intégrer la fameuse Académie grenat de Génération Foot au Sénégal à l’âge de quinze ans, avant de prendre son envol définitif pour le vieux continent en janvier 2011. Quelques années plus tard, grâce au fruit de choix de carrière mûrement réfléchis, l’attaquant sénégalais a intégré la Cour des grands. Toujours cette force tranquille qui le guide, lui ayant permis de ne pas griller les étapes. Aujourd’hui, la nouvelle coqueluche d’Anfield Road a dépassé ses ainés Diafra Sakho et Papiss Cissé, tous deux issus avant lui de Génération Foot, et qui ont fait leurs preuves en Premier League. La cellule de recrutement messine aura eu bien du flair et de l’audace pour dénicher un tel diamant. Un bijou qu’elle se sera contentée de polir et de chérir. Avant de le voir exploser sous d’autres cieux plus radieux…

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Le FC Metz aura encore bien des occasions d’exhaler sa nostalgie sur la perte de son fils prodige. Son transfert restant à ce jour la troisième plus grosse opération financière enregistrée par le club lorrain de son Histoire. En outre, l’ascension de Sadio Mané demeurera certainement comme l’une des plus belles aventures à la fois humaine et sportive jamais connues par le club grenat. Et le garçon n’a que vingt-quatre ans…

 

 

de Mathieu Desjardins

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