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[RFC Seraing] « J’ai encore la possibilité d’évoluer et de jouer plus vers l’avant »

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Dans la vie, Théo Pierrot est comme sur rectangle vert. Droit dans ses crampons, ce bosseur dans l’âme n’est pas du genre à tricher. Au contraire. A 21 ans, il a franchi la frontière direction Seraing pour tenter sa chance là où on ne l’attendait pas. A force de persévérance et d’abnégation, il s’est mué en un élément indispensable à l’équilibre du onze sérésien. Et quand il s’agit d’expliquer la première partie de saison mouvementée des Métallos, il use de sa sincérité naturelle pour trouver les mots justes.

Pour sociosfcmetz.com, Théo confie, en deux épisodes, son ressenti, ses joies, ses moments de doute, sur ses six premiers mois passés outre-Quiévrain. Entretien dans les coulisses du Pairay.

Sa situation personnelle

« Je suis content de ce qui m’arrive. Je me vois encore appeler mon père pendant les matches de préparation, lui disant que le coach ne me ferait pas jouer. Je me suis mis trop de pression, car j’arrivais en provenance de Metz. Mais ce n’était pas la meilleure chose à faire. Et au fil du temps, je me suis senti de mieux en mieux et le coach a appris à me connaître. En plus, d’avoir ma copine à mes côtés tous les jours, de sentir que je ne suis pass seul, c’est également une très bonne chose.

Sur le plan physique, je me sens bien. Depuis la reprise, j’ai retrouvé des jambes car je n’avais pas l’habitude d’enchaîner autant de matches. C’est une charge conséquente, donc c’est vrai que j’ai accusé un peu le coup à la fin de l’année. Les fêtes de fin d’année m’ont permis de décompresser car je suis rentré en France. Liège n’est qu’à un peu plus de deux heures de Metz, mais ça reste un gros changement de quitter sa famille.

« Malgré les changements d’entraîneur, je continue à jouer.
Cela montre que je suis quelqu’un sur qui on peut compter. »

Aujourd’hui, j’en suis à 19 matches disputés, dont 18 comme titulaire. J’ai marqué 3 buts également et délivré 3 passes décisives. Pour les stats, c’est bien. Mais s’il devait y avoir un bémol, ce serait les cartons jaunes. J’en ai récolté 5 depuis le début de la saison. C’est trop.

A mon avis, je ne suis pas encore à 100% de mes capacités. Pour moi, j’ai encore la possibilité d’évoluer, d’apporter plus sur mes points faibles actuels, de jouer davantage vers l’avant. Vu que j’ai été formé comme attaquant à Metz, je pense que le nouvel entraîneur Drazen Brncic, de par ses méthodes de travail, peut réussir à me faire progresser sur le plan tactique.

Théo et Seraing lutteront jusqu'au bout pour décrocher une place dans le Top 8 – Photo Mickaël Marquet / RFC Seraing

Théo et Seraing lutteront jusqu’au bout pour décrocher une place dans le Top 8 – Photo Mickaël Marquet / RFC Seraing

Mes objectifs ? J’espère continuer à jouer un maximum de rencontres. J’ai également envie de continuer en tant que titulaire indiscutable. Malgré les changements d’entraîneur, je continue à jouer. C’est une bonne chose car cela montre que je suis quelqu’un sur qui on peut compter.

Je souhaite marquer plus de buts également. Je n’ai plus trouvé le chemin des filets depuis octobre. C’est toujours gratifiant de marquer, car ça fait parler de moi et ça permet de faire gagner l’équipe.

D’un point de vue collectif, il est primordial de terminer dans le Top 8 à la fin de la saison. C’est une manière d’avoir notre place dans le championnat pro. Si on n’y parvient pas, bon nombre de joueurs vont devoir trouver un nouveau club.

Pour le club, et tout ce qu’il est en train de mettre en oeuvre entre la mise aux normes du stade ou sa restructuration administrative, c’est vital. De même que pour les supporters. On sent qu’ils sont vraiment dévoués pour le club. Et c’est normal qu’ils fassent comprendre leur mécontentement dans cette mauvaise passe. C’est pour cela que je me vois mal rater ce défi alors que c’était l’objectif principal de la saison. »

Les autres Messins

« A l’heure actuelle, Seraing ne pourrait pas vivre sans les prêts du FC Metz. Les deux parties y trouvent leur compte. Samy (Kehli) et Thomas (Didillon) ont fait une bonne saison en Belgique l’an passé et sont revenus à Metz avec un autre statut, même si Samy commence seulement aujourd’hui à enchaîner les matches.
On est un groupe soudé, avec des joueurs qui ont quasiment tous le même âge. Ce qui pouvait être un déficit d’expérience dans les matches nous permet au moins de bien vivre. Des fois, j’ai l’impression de voir une équipe de centre de formation, car quand ça tourne mal, personne ne dit sur le terrain ce qu’il faut faire pour inverser la tendance.

« Un changement d’entraîneur redistribue totalement les cartes.
Des joueurs qui ne jouaient pas se remettent à jouer, d’autres changent de mentalité »

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a pas d’injustice entre les joueurs de Metz et les autres. Tout le monde se bat chaque semaine pour obtenir sa place dans l’équipe et les meilleurs sont récompensés.

De mon côté, j’ai été content de retrouver certains visages familiers à la reprise. Je parle autant à des Belges qu’à des joueurs que j’ai côtoyés à Metz. En plus, je me suis rapidement rendu compte de ce qu’était un changement d’entraineur. C’est un événement qui redistribue totalement les cartes. Des joueurs qui ne jouaient pas se remettent à jouer, d’autres changent de mentalité. Ce qui est important, c’est que ça profite à l’équipe et remette tout le monde vers l’objectif fixé. Même si ce n’est pas facile à gérer car certains joueurs étaient proches des deux précédents coachs, et ces choix n’ont pas forcément plu à tout le monde… »

Son avis sur les Messins en prêt

Anthony M’Fa : « Un exemple à suivre en termes de mentalité »

Il n’a pas attendu longtemps pour prendre la place de numéro 1. Il fait de bons matches et se montre rassurant. C’est l’un des joueurs les plus expérimentés de l’équipe, et c’est celui qui, pour moi, est le plus humble. Il ne se considère pas du tout comme supérieur au groupe. Il aurait très bien pu arriver ici en disant : « Qu’est-ce que je viens faire en D2 belge ? » alors qu’il a une dizaine de matches de Ligue 1 dans les gants, qu’il est international gabonais… Au contraire, il est venu ici pour travailler, pour jouer, et peut-être pour se servir de cette expérience comme d’un tremplin. C’est un exemple à suivre en termes de mentalité.

Marouane Sahraoui : « Il a su faire preuve de patience et saisir sa chance au bon moment »

Il n’a pas du tout joué en début de saison. Mais il a su répondre présent quand on a fait appel à lui à Dessel. Depuis, il n’a plus quitté le onze. Il enchaîne les bonnes, voire très bonnes prestations. Il a su faire preuve de patience et saisir sa chance au bon moment. C’est tout à son honneur. C’est une super personne et en plus, il n’a que 19 ans, et il évolue à un poste qui requiert généralement le plus d’expérience. Sachant qu’il y a 4 trentenaires qui évoluent à son poste dans l’effectif, sa jeunesse permet d’avoir des profils complémentaires dans la charnière centrale.

Matthieu Udol : « Son expérience à Seraing lui aura servi »

Cinq mois et puis s'en va. Matthieu Udol est revenu prématurément au FC Metz – Photo Mickaël Marquet / RFC Seraing

Cinq mois et puis s’en va. Matthieu Udol est revenu prématurément au FC Metz – Photo Mickaël Marquet / RFC Seraing

Il pensait qu’il aurait sa chance à Metz cette saison, mais il a finalement été prêté ici. Le coach l’a fait évoluer milieu gauche au début, alors qu’il avait explosé au poste de latéral gauche la saison dernière en CFA. Mais il s’en est pas mal sorti, puisqu’il a marqué 3 buts à ce poste. Mais depuis cette période, il est revenu en défense, et a même joué arrière droit contre le White Star. C’est quelqu’un d’intelligent qui saura se servir de ces bons matches pour gagner en expérience et en maturité. Sachant en plus qu’il a toujours fait l’unanimité au sein du vestiaire. C’est pourquoi son retour à Metz est une bonne chose. Il va pouvoir côtoyer le groupe pro et devenir la doublure de Tiago Gomes. Est-ce qu’il aura sa chance en Ligue 2 ? Je lui souhaite. Mais il est certain que son expérience à Seraing lui aura servi.

Saliu Popoola : « Les gens sont admiratifs de le voir gagner des duels »

C’est mon petit Marco Verratti. Ça me fait plaisir de l’avoir à côté de moi. Nos qualités sont complémentaires. Je sais que quand j’ai du mal à ressortir les ballons, sous pression, il saura le faire. Les gens sont admiratifs du fait qu’il gagne des duels malgré sa taille (1m55). Et en dehors des terrains, j’essaie de l’aider dans ce qu’il a du mal à faire, comme les dossiers administratifs. Ça me fait plaisir de l’avoir retrouvé.

Thibaut Vion : « Il a fait un gros travail physique pour se remettre à niveau »

A son arrivée, il a dû faire face à la concurrence. On jouait en 4-3-3 avec une pointe, et il était légitime que Kwamé ait sa place après sa bonne préparation. Il est arrivé en fin de saison. Il avait un certain retard sur le plan physique, d’autant qu’il a eu quelques soucis avec Metz. Mais il est petit à petit revenu. Il a fait un gros travail physique pour se remettre à niveau.
La période avec le coach Depireux s’est bien passée pour lui. Il l’a remis en confiance, le faisant démarrer en tant que titulaire à la pointe de l’attaque. Et Thibaut lui a bien rendu, puisqu’il a marqué durant ses deux premiers matches. Mais depuis l’arrivée du nouveau coach fin décembre et de deux nouveaux attaquants au mercato (Axel Bossekota et Hilaire Momi, ndlr), il vit une situation plus compliquée…

Kwamé N’Sor : « L’un des Messins le plus impliqué dans le projet »

Kwamé N'Sor vit actuellement une période trouble outre-Quiévrain – Photo Mickaël Marquet / RFC Seraing

Kwamé N’Sor vit actuellement une période trouble outre-Quiévrain – Photo Mickaël Marquet / RFC Seraing

Après avoir connu une très bonne préparation d’avant-saison, il a malheureusement marqué le pas durant le premier tiers du championnat. Mais le coach Depireux l’a relancé. Il l’a utilisé en soutien de l’attaquant de pointe, faisant de lui une pièce importante de son dispositif. Il a marqué trois buts. Ça lui a fait du bien de reculer un peu. Il aimait bien revenir en deuxième ligne, surtout qu’il a aussi été utile à l’équipe en nous aidant défensivement. Il faisait le lien entre l’attaque et la défense, ce qui nous a soulagé.

J’étais content pour lui car c’est l’un des Messins à être le plus impliqué dans le projet. C’est un bosseur, qui a essuyé pas mal de critiques. J’étais dégouté pour lui au moment où ça n’aillait pas, car même s’il n’a pas marqué pendant un certain temps, il était irréprochable. Il est tout le temps là à l’heure, il se donne à fond sur le terrain… Mais comme Thibaut, il semble ne pas rentrer dans les plans du nouveau coach.

Le regard extérieur du FC Metz

« José Riga a assisté à quelques matches de l’équipe à Seraing, notamment contre le Cercle de Bruges (0-3), José Jeunechamps venait aussi nous voir assez régulièrement… On sent qu’il y a du monde qui s’intéresse à Seraing au sein du FC Metz. Et puis, Dominique D’Onofrio est aussi présent à quasiment tous les entraînements. Il fait désormais partie du cercle proche du président qui prend les décisions importantes pour le club.

Quand je vais en ville et que les gens me croisent, ils font souvent le rapprochement avec le FC Metz. Lorsque je vais aux entraînements, je passe devant Cockerill, l’entreprise du président Serin. C’est quelqu’un d’intelligent. Et s’il a repris Seraing, c’est aussi pour être proche de son usine.

Thomas Didillon (de dos) a récemment rendu visite à ses anciens coéquipiers - Photo Mickaël Marquet / RFC Seraing

Thomas Didillon (de dos) a récemment rendu visite à ses anciens coéquipiers – Photo Mickaël Marquet / RFC Seraing

Suite au licenciement de José Riga pendant les fêtes de fin d’année, nous avons récupéré dans notre staff Bernard Smeets, l’ancien préparateur physique du FC Metz. Il est là à temps plein, et c’est une bonne chose, car avant, nous n’avions qu’un préparateur qui passait ponctuellement. C’est une personne très compétente, qui s’est fait un nom en Belgique. Il fait du très bon boulot. Il individualise les séances en fonction des besoins de chacun. Il a l’habitude de travailler avec des footballeurs, donc on sait pourquoi on court. Et forcément, ça nous sert pendant les matches.

Au club, même si on est une colonie de Messins, on ne regarde pas les matches ensemble. On suit l’actualité du club bien sûr, on échange beaucoup sur ses résultats dans le vestiaire, mais à vrai dire, c’est difficile de regarder beIN sports en Belgique… »

La vie en Belgique

« La vie se passe plutôt bien à Seraing. Je commence à avoir mes repères. J’ai eu l’occasion de rencontrer pas mal d’anciens du club dans un bar à Liège. Ils viennent te voir, ils te demandent ce que tu veux, on discute, on parle de foot, et ils finissent par venir te voir jouer au stade. C’est ça la mentalité ici. J’ai notamment partagé plusieurs verres avec Léon Semelin, une légende du Standard de Liège dans les années 60/70. On fait de belles rencontres. Une fois, je suis entré dans un bar avec ma copine, et quelqu’un, entendant que nous avions un accent français, est venu nous voir. On a sympathisé, alors que pourtant, il a l’âge de mes parents ! Mais c’est différent ici, les gens sont très accueillants. Du coup, je suis même allé à sa fête d’anniversaire et voir son fils jouer au foot.

L'amitié n'a pas d'âge. Encore plus de l'autre côté de la frontière - Photo Julie Laurini

L’amitié n’a pas d’âge. Encore plus de l’autre côté de la frontière – Photo Julie Laurini

A par ça, il n’y a pas d’énormes différences avec la France. La chose la plus importante, c’est la langue. Et c’est agréable de ne pas avoir cette barrière et de pouvoir discuter avec tout le monde. Par contre, quand on se déplace dans les Flandres, ce n’est pas la même chose. Ils n’ont pas la même langue déjà, et ils n’ont pas la même mentalité, que je qualifierai de plus stricte, plus carrée. Elle ressemble plus à la mentalité des Néerlandais. Mais au niveau du foot, hormis les clubs bruxellois, tous les grands clubs du pays sont flamands et arrivent à avoir des résultats sur la scène européenne. Et ça, c’est forcément dû à cette force de caractère.

Mes sorties foot ? Je suis allé voir Maxwell (Cornet) contre La Gantoise sous le maillot lyonnais. Il m’avait offert des places. Ça m’a fait plaisir de le voir, mais j’aurais préféré le voir rentrer. Ça m’aurait fait quelque chose de le voir effectuer ses débuts en Ligue des champions.

« Il y avait plus de bières par spectateur que de buts sur le terrain ! »

Sinon, je suis allé au stade Maurice-Defrasne (le stade du Standard de Liège, ndlr) pour un match de coupe. Il n’y avait pas énormément de monde dans les tribunes, mais j’ai senti qu’il y avait une grosse ferveur autour du club. Les supporters sont vraiment chauds. C’est un public qui fait rêver. Le stade est magnifique. Il a une capacité légèrement supérieure à celui de Metz. Et quand il est plein, ça doit donner lieu à un véritable spectacle.

Mais je suis aussi allé voir Malmedy – Stevelot, le derby de la première division provinciale, où il y avait plus de bières par spectateur que de buts sur le terrain ! »

Retrouvez ici la première partie de notre entretien avec Théo, consacrée à la première partie de saison du RFC Seraing, sa première blessure, son premier but ou encore sa première expulsion.

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